EPILOGUE :

La même maison modeste, plusieurs semaines plus tard. Il fait nuit. Dans la chambre à coucher des parents, le stalker dort d'un sommeil agité, tandis que sa femme, à demi-endormie, songe aux épreuves terrifiantes qu'il a traversées. Elle regarde fixement le plafond en se demandant quelles sont ces choses qu'il a pu lui cacher lors de son récit. Et ces étranges pertes de conscience qu'il a mentionnées, ces inquiétudes vagues au sujet de son enfant...
Darena elle-même, depuis sa métamorphose, ne semble pas vraiment dans son assiette. Lors de la fête en famille marquant le retour de son mari et l'heureux événement, la joie de sa fille n'était pas si évidente. Anna était loin d'oublier comme elle avait fixé longuement la petite bicyclette que son père lui avait rapportée, sans dire un mot.
Enfin, les changements brutaux sont toujours longs à accepter, et Darena rira bientôt à gorge déployée en faisant des tours à vélo avec les autres gamins du quartier, se dit Anna avant de sombrer dans le sommeil.

Dans la chambre au dessus, la petite fille est éveillée. En silence, elle se lève et, dans la douce obscurité bleutée, va à son bureau, griffonne quelques lignes sur une feuille de papier. Elle se dirige vers la fenêtre qu'elle ouvre grand avant de contempler la campagne plongée dans la nuit. Un petit frisson court sur sa peau, l'air qui s'introduit dans la chambre est plutôt frais.
Haut dans le ciel flotte la lune. Elle éclaire parfaitement le paysage et jette des reflets d'argents sur les épines du pin oriental, devant sa fenêtre.

Papa, maman,

Je vous aime.
Je sais ce que tu as fait pour moi, papa, et j'aurai dû être heureuse d'avoir la chance de vivre une vie normale.
Mais la voix dans ma tête ne s'est pas tue, elle réclame toujours que je fasse bouger les objets. Elle veux encore d'autres choses bien plus horribles et que je ne peux plus accomplir désormais. Depuis ma guérison, la voix parle de frustration et de haine.
J'ai peur.

Adieu.


La petite fille enjambe le rebord de la fenêtre et se glisse sur le toit ; elle grimpe jusqu'au faîte de celui-ci et se jette dans le vide, sur la terrasse.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Pluton, si c'est toi qui a écrit ce passage -je n'en doute pas- je ne peux que m'incliner face à ton talent de romancier et à la maitrise de ce style littéraire.
Tu a tellement bien su retranscrire les émotions du jeu dans cette nouvelle que je pense que quand tu te seras lassé de STALKER tu pourras devenir écrivain ;) ! Et je serai ton premier fan !
crash petard

Pluton a dit…

Merci crash petard, pour ce commentaire encourageant.
J'ai bien l'intention d'écrire par la suite et ce récit n'était à l'origine qu'une description de ma partie, je n'ai pu résister à l'envie de créer une histoire différente, mélange du film stalker et du jeu. Et un peu de moi aussi.

Bref, encore en gestation, mais des projets dans la tête.

Snakeshit a dit…

Woaw... Tout simplement magnifique... Stalker ne m'avais plus qu'à moitié, mais ton récit ma transporté! Je savais jsute pas qu'il y avait un film, mais continue comme ça, c'est énorme (bon le coup du Stalker qui va en enfer pour sa fille ça fait beaucoup, encore pour une bouteille de vodka j'aurais compris^^)!

Non juste magnifique, digne de recevoir l'éloge d'un Canard!

Kinwaras a dit…

Ta fin est très bien et m'a donnée envie de vomir tellement elle est triste (oui j'ai des réactions bizarres ^^")
T'écris bien , mec , très bien .
Préviens tout le monde quand tu publieras .
P.S: Perso , je préfere S.T.A.L.K.E.R. normal parce que tout ces trucs en + m'ont un peu fait chi** et ont enlevés la partie fun du jeu pour la remplacer par une partie trop "réalisme".

Steack a dit…

C'était... magique... et prenant... et captivant. Enfin... ton texte est absolument génial.
Ton style, les expériences de jeux que tu as décrite, les éléments du Background de ton personnage que tu as intégré comme des FlashBack: Tout était génial.
J'ai adoré le chapitre sur le labo X18, on ressent bien le stress lors de ta partie.
Puis la fin... ton histoire fini pas comme un de ces téléfilm Allemend à l'eau de rose qui passe le samedi aprés-midi sur M6: C'était réaliste et... je manque de mots.
Bref: Merci pour ce texte si beau.

PS: Et mec, tu peut te vanter d'avoir fini STALKER en Méga Hard sans mourrir, chapeau ;)

Le Doc a dit…

Félicitations Stalker ! Quel Talent !

Anonyme a dit…

Un récit fantastique... Tu as réussi à retranscrire à la perfection le sentîment d'incertitude, de peur et de solitude qui fait l'âme de Stalker. Et tu te paies en prime le luxe de nous offrir une prose sublime, estampillée de quelques références de premier ordre, et d'une fin aussi imprévisible qu'émouvante. Bravo et bonne chance pour la suite !

M!X a dit…

Salut,
merveilleuse histoire, trés beau recis,

de jolis clin d'oeil au film Stalker ^^
j'ai aussi bien aimé la personnification du personnage mais...la fin est trop...trop.

Superbe boulot.


radioactivement M!X